Même si en soi, tout le monde s'en fout, puisque personne ne sait que ce blog existe...
Je ne peux pas ne parler que du magasin. Hors contexte, la plupart des anecdotes ne sont pas drôles, ou peut-être que c'est moi qui suis trop nulle pour raconter, mais il faudrait que je raconte en détail chacun de mes collègues pour pouvoir tout bien expliquer, et je n'ai pas le droit d'étaler leur vie sur le net sans leur consentement.. Et demander leur consentement signifierait leur avouer l'existence de ce blog, et je n'ai pas forcément envie que ce soit le cas... On ne sait jamais si je m'énerve sur l'un d'eux un jour! :-P
Bref, comme on ne parle bien que de ce qu'on connaît, je parlerai de moi, na! Puis faut dire que je m'aime beaucoup, alors j'aime bien parler de moi! Et au diable la fausse modestie!!!
Ca tombe bien: j'avais besoin d'évacuer, ce soir!
Un cancer m'a prit ma mère il y a quatre ans, un autre a été diagnostiqué chez mon père cette semaine. Cool, génial, je suis ravie... :-(
Mon père, lui, l'est, ravi! Comme s'il avait attendu ça toute sa vie, comme si c'était un honneur pour lui de mourir de la même maladie que ma mère... Il va enfin pouvoir endurer ce qu'elle a enduré, c'est son chemin de croix à lui.
Je me rappelle très bien de plusieurs conversations que nous avons eu, quand j'avais moins de dix ans. Il me disait qu'il ne voulait pas vivre au-delà de quarante ans, qu'une fois cette étape franchie, on n'était plus bon à rien, qu'on était juste un boulet pour les autres, et que mon frère et moi n'avions pas à nous inquiéter, qu'il se suiciderait avant! Et puis, à quarante ans, il s'est trouvé une poulette de vingt ans sa cadette, ça lui a redonné une raison de vivre pour quelques années... Il est ensuite revenu chez ma mère, la queue entre les jambes, juste à temps pour apprendre qu'elle était malade et pour s'occuper d'elle. Depuis son décès, il n'attend qu'une chose: mourir à son tour! Il me l'a dit, l'année passée! Il m'a dit qu'il aurait préféré que mes fils et moi ne soyons pas là, car c'est à cause de nous qu'il est obligé de vivre.
Son vœu est exaucé: il ne vivra pas vieux... Aujourd'hui, il voit le monde sous un jour nouveau: il peut picoler autant qu'il veut (ça ne le tuera pas aussi vite que le cancer), manger ce qu'il veut (là encore, le cancer sera le plus rapide), et il aura même bientôt des drogues à sa disposition (s'il avait pu se faire inoculer un cancer,il l'aurait fait il y a des années vu toutes ces bonnes nouvelles!).
Et, mon frère et moi, nous ne sommes ni surpris, ni déçus, un peu triste peut-être mais même pas excessivement... Notre père est mort il y a quatre ans, sa vie s'est arrêtée le jour où ma mère a cessé de respirer, ce qu'il reste de lui n'est que l'ombre de ce qu'il était. C'est son tour à présent. Il n'a jamais aimé vivre, j'espère qu'il appréciera plus la mort...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire