mercredi 23 mars 2016

Abondance de sentiments divers et variés...

D'abord, très égoïstement, il y a le soulagement. Fini, pour moi, le Bruxelles quotidien. Fini le train, les transports en commun, le centre ville... Plus que jamais, j'aime l'endroit où je vis, son calme et sa sérénité! Et je suis ravie à l'idée de ne plus aller à Bruxelles qu'occasionnellement, en touriste! Ça peut sembler con, mais je me sens nettement plus en sécurité ici...

Ensuite, le dégoût, l'incompréhension, la tristesse...

Petit flash-back: été 1994, j'ai 17 ans et je me balade sur la digue à Westende. Je rencontre un couple que je connais vaguement, et on va boire un verre ensemble. On discute de tout et de rien, et ils m'avouent qu'ils ont tous les deux un port d'arme et qu'ils vont régulièrement s'entraîner au tir. Je ne comprends pas, je suis déjà "Flower Power", je déteste les armes, alors je leur demande pourquoi, pourquoi ils perdent leur temps à apprendre à manier des objets qui n'ont d'autre but que de tuer. Ils ont l'air étonnés de ma question, et ils me répondent, comme si c'était une évidence, qu'ils se préparent pour la guerre! La guerre? Quelle guerre? S'il y a une guerre, ils auront l'air malin avec leur petit fusil face à une bombe nucléaire! Et puis, il n'y aura pas de guerre, pourquoi y en aurait-il une? Et ils répondent, à nouveau sûrs d'eux, qu'il s'agit de la guerre contre les islamistes radicaux! Ils s'emballent, expliquent en long en large et en travers que l'Islam, c'est le mal absolu. J'ai essayé de leur expliquer la tolérance, je leur ai dit que c'étaient peut-être des réactions pareilles qui provoqueraient des problèmes. A 17 ans, je n'avais pas encore compris qu'il ne servait à rien d'essayer d'argumenter face à certains personnes aveuglées par leur haine... On fini notre verre, on se dit au-revoir, et je ne les ai plus jamais revu, sans regret! Pour moi, ce ne sont que deux racistes à la con, des idiots... Et c'est ce qui me débecte le plus: ils étaient cons, avaient des idées de merde, et ces deux blaireaux avaient raison! Pas sur le fait d'apprendre à manier des armes, je ne cautionnerai jamais ce genre de choses, mais, il y a 20 ans, ils se préparaient déjà à voir débarquer ces foutus terroristes! Ça me dégoûte que les faits leur ai donné raison... Ils doivent jubiler, là, et ça me donne la nausée!



Vient enfin l'inquiétude... Vais-je y arriver, avec mes garçons? Arriverais-je à faire d'eux des hommes sains et équilibrés? Auront-ils une vie agréable, sans guerre, sans violences, sans craintes? Seront-ils assez forts pour ne pas se laisser manipuler? Je veux juste être avec eux, leur apprendre l'humanité, la compassion, l'amour. 

Je veux qu'ils aiment la vie et que la vie leur donne toutes les raisons de l'aimer!!!

samedi 12 mars 2016

Une page difficile à tourner...

Un mois déjà que je ne travaille plus. Le temps passe tellement vite... Je n'ai pas encore eu beaucoup de temps libre, et je n'ai pas encore fait le quart du huitième de tout ce que je veux faire!

Et, tous les matins, quand je me lève, je pense au magasin.

Et j'y pense durant toute la journée.

Et j'y pense toujours quand je vais me coucher.

Tout le monde me conseille de tourner la page, certains vont même jusqu'à dire que je devrais la déchirer, et je serais ravie d'y arriver, mais j'ai encore du mal!

J'ai passé presque le tiers de ma vie là-bas. Douze ans, ça n'est pas rien! En plus, ce n'était pas n'importe quel travail, c'était mon rêve de petite fille, ma deuxième maison, je m'y sentais tellement chez moi que je n'imaginais pas un seul instant que je pourrais un jour ne plus y être!

Ne jamais faire confiance à personne, même pas à quelqu'un que vous croyez connaître, même pas après plus de dix ans...

J'essaye de me concentrer sur les avantages, et ils sont nombreux, heureusement! D'abord, j'ai enfin l'occasion de passer du temps avec mon amoureux et les enfants, et cela fait du bien! Je peux chipoter dans la maison, aider Steph, manger de bons petits plats (les pauses midi à Anneessens ne me manquent pas!), écouter la musique que je veux, regarder les films que je veux, et je me suis aperçue avec plaisir cet après-midi que j'apprenais plus de choses ici qu'au magasin (toujours les même clients, avec les même livres: comme je pense déjà l'avoir dit, j'avais l'impression de rester sur mes acquis depuis un long moment!).

Les désavantages sont nettement moins nombreux, le principal étant que ma situation n'est pas définitive, qu'il faudra bien recommencer à travailler un jour, et que je ne sais absolument pas ce que je vais faire, ni comment j'arriverai à m'adapter à de nouveaux horaires qui seront certainement moins intéressants que ceux que j'avais... Et, l'autre désavantage à ma situation, c'est la pression que me mettent certains... Comme s'il était absolument indispensable que je recommence à travailler tout de suite! Je suis payée jusqu'en septembre, rien ne m'empêche d'être quelques mois au chômage, mais pour beaucoup, il faudrait que je commence à chercher tout de suite.  D'abord, je ne sais toujours pas où chercher, et, surtout, je n'ai vraiment pas envie de courir le risque de trouver quelque chose maintenant. Ce n'est pas ma priorité.

Ma liste est simple:
- Terminer les chambres de la maison
- M'occuper de la maison de mon père
- Passer mon permis de conduire
- Passer le jury central en gestion de base
- Faire quelque chose des photos trouvées dans les livres durant ma courte carrière de bouquiniste
- VIVRE!!!

Je ne veux plus laisser un emploi prendre autant de place dans ma vie, jamais! En tout cas, pas un emploi qui ne dépend pas uniquement de moi! Je travaillais à mi-temps, mais avec le recul, j'ai l'impression que je courais tout le temps tout en n'ayant le temps de rien. Je ne profitais pas des enfants, ni de Steph. Ce n'est pas ça la vie! Je ne veux plus du métro boulot dodo, je n'en ai jamais voulu, mais je suis tombée dedans sans même m'en apercevoir. J'aimais mon travail, et l'amour rend aveugle, mais je me sens nettement plus sereine maintenant (si ce n'est le fait que de temps en temps j'ai des envies de meurtres sur mon ancien patron. Mauvais karma d'après mon frangin. Mais c'est pas grave, la nature se charge de ma vengeance: visiblement il pourrit de l'intérieur, et même si ce n'est pas bien de penser des choses pareilles, c'est bien fait pour lui!!!).

Voilà, c'est dit! Et maintenant, on va de l'avant, et on ne pense plus à tout ça!!!