Période de ma vie étrange...
Mon papa, pour commencer. Ben oui, forcément, ça me trotte en tête en permanence... Pas facile de savoir qu'on va bientôt euthanasier le dernier de mes parents, et pas facile non plus de faire comprendre à mon entourage pourquoi je ne semble pas plus... choquée? Je ne sais même pas à quoi ils s'attendent au juste. Je devrais passer mes journées à pleurer? Ou essayer de le convaincre d'essayer de se faire soigner?
Je sais depuis toujours, depuis avant que la loi pour l'euthanasie soit votée, que mon père ne veut pas être malade. Il ne veut pas vieillir, ni avoir besoin de soin, il ne veut être un poids pour personne, et personne ne pourra le convaincre du contraire. Par contre, il veut mourir. Il attend son heure patiemment depuis 67 ans, plus encore depuis le décès de ma maman. Rien ni personne ne pourra le faire changer d'avis et, en plus, il a l'air tout à fait satisfait de son sort.
Alors j'accepte, car je n'ai pas le choix, parce que c'est la vie, parce qu'il fait aussi ça pour nous, pour nous éviter les souffrances que la maladie de ma mère nous a causées, même si nous sommes heureux qu'elle se soit accrochée à la vie aussi longtemps qu'elle a pu.
Et, mon frère et moi, on fait ce qu'il veut: on se partage l'héritage, on envisage la manière de vider la maison (ça va être un fameux chantier!), et on essaye de positiver autant que possible, et de profiter des derniers moments qu'on peut passer tous ensemble.
Et je vois la vie autrement, plus précieuse encore. Je n'ai presque pas fumé aujourd'hui, tout simplement parce que je ne veux pas être essoufflée, je ne veux pas être malade, je ne veux pas mourir, je veux vivre, plus que jamais!!!
Surtout que, deuxième point, tout mon environnement est en travaux! Le magasin, le trajet du magasin à la gare, la gare de Ath et ma maison! Je circulerai bientôt dans un monde tout neuf, moins polluant à priori puisque mon trajet bruxellois sera désormais un piétonnier (si ce n'est qu'ils laissent passer ces horribles taxis!). J'ai hâte de voir tout ça fini!!!
Et, enfin, l'actualité... Cette triste et terrible actualité... Je dois avouer que je me sens un peu dépassée par les événements de ces derniers mois, que ces malades qui tirent dans le tas ou se font péter dans des endroits publics remettent en question mes beaux grands principes humanistes! Comment récupérer ces gens? Ils sont fous, réellement, et comment peut-on réagir face à ça?
Je n'aime pas "parler religion". Chacun ses croyances, inutile d'en discuter, vous ne me convaincrez pas plus que je ne vous convaincrai... Sauf que ça, c'était avant, ça ne peut plus continuer comme ça! Qu'on se batte encore au XXIème siècle aux noms de dieux, quels qu'ils soient, ça me débecte!!!
J'ai grandi dans une famille en partie catholique et, jusqu'à 12 ans, j'étais dans l'enseignement catholique. Mais, vers 9 ou 10 ans, quand on m'a demandé mon avis, j'ai annoncé que j'étais athée, et j'ai cessé tout activité religieuse à l'école (plus de cours de religion, ni de messe, ni de communion). Je n'ai jamais essayé de convaincre personne de l'inexistence des dieux, je me balance de ce qu'ils pensent, je suis persuadée que c'est moi qui ai raison!
La présence des livres "sacrés", des commandements, et de tous les grands principes religieux sont logiques: ça explique aux hommes comment vivre ensemble, et ça semble tellement évident que ces règles ne pouvaient être appliquées par le plus grand nombre que si on leur donnait une origine mystique qui, de plus, permet de répondre à plein de questions qui jusque là restaient des mystères! Bref, je comprends que les religions aient une existence, mais je ne comprends pas qu'on puisse encore y croire aujourd'hui...
Jusqu'ici, je croyais qu'il s'agissait d'une prise de conscience personnelle: on ne peut pas convaincre quelqu'un de devenir athée, mais l'humanité finira par le devenir tôt ou tard puisque c'est LA vérité! Mais a-t-on le temps d'attendre que les hommes prennent conscience qu'ils sont dans l'erreur et que le paradis, c'est ici et maintenant, et qu'il faut qu'ils arrêtent d'en faire un enfer?
Il est grand temps que les religions deviennent un sujet d'histoire, et non plus une philosophie!!! Il faut enseigner toutes les religions dans les écoles, et pas d'un aspect philosophique, mais historique! Elles ont été créées pour des raisons simples et évidentes, elles ont évolué de manière souvent presque identiques, il faut les étudier, les analyser, et non plus les pratiquer! C'est là que se trouve le réel progrès que l'humanité peut faire ce siècle-ci! Il est grand temps, un monde sans religion nous ouvrirait de nouvelles perspectives, nettement meilleures que celles qui s'annoncent!
Apprenons à nos enfants à se méfier des gourous, de ces connards qui s'en mettent plein les poches et qui vivent comme des seigneurs pendant que leurs moutons donnent jusqu'à leur vie pour eux. Apprenons leur à ne pas craindre la vie, à ne pas craindre la mort, et à croire en eux, quoi qu'il arrive!!!
Et rangeons ces dieux primitifs au fond d'un tiroir et dans des musées, c'est là qu'est leur place!
Mais les fous de dieux n'étaient pas les seuls à montrer leur connerie... L'ère d'Internet et des télécommunications est à ses débuts, mais il va vite falloir penser à éduquer les gens à ce sujet aussi! Les médias nous inondent d'informations en direct, sans les vérifier, sans les filtrer. Les familles qui reconnaissent leur proche mort sur la sable? On s'en fout. Les téléspectateurs qui aimeraient être informés sans pour autant être mitraillés d'images insoutenables? On s'en balance aussi. Aucune pudeur, aucun respect, aucun savoir vivre. La liberté, oui, mais sans nuire à la liberté de l'autre! Bon sang, mais c'est quand même pas compliqué?
J'ai l'impression que tout pourrait être tellement simple si les gens étaient moins cons!
Mon refuge - seconde partie après des années d'absence... Parce que, parfois, ça fait du bien de crier au monde entier ce qu'on a sur le coeur, et tant pis si le monde entier n'écoute pas, ça soulage quand même!!! ;)
samedi 27 juin 2015
lundi 22 juin 2015
Lettres retrouvées
Un siècle...
C'est pas grand chose, un siècle! Quand j'étais petite, ça me semblait super loin, mais aujourd'hui que j'ai 37 ans, en fait, 100 ans, c'est vraiment pas grand chose!!! Trois fois ma petite vie, rien de plus...
J'ai retrouvé des lettres et des documents appartenant à la famille van Steenberghe dans la première moitié du XXème siècle. Ca me semble si proche...
Et pourtant, c'est totalement un autre monde, et pas seulement à cause de la guerre: pas d'avion (pas pour monsieur tout le monde en tout cas), pas de voiture rapide, pas de téléphone, pas d'ordinateur... En lisant ces lettres, je me suis rendue compte que rien de ce que je touche, rien de ce que je vois, rien de ce que j'entends, n'existait à l'époque où elles ont été écrites! Les chanteurs que j'ai écouté en les lisant n'étaient pas nés, la moitié des livres que j'ai lu n'avaient pas encore été publiés, pas de gsm, des moyens de communication dérisoire (deux mois pour recevoir une lettre!)... Ca donne une autre dimension à l'expression "partir au bout du monde"!
Aujourd'hui, rien de plus facile que de communiquer, où qu'on soit, pourvu qu'on dispose des bons instruments.
Mais que restera-t-il de nos divagations sur toile??? J'ai sauvé ces papiers du recyclage, in extremis, car ils sont une preuve exceptionnelle à mes yeux de ce qu'était la vie des colons et, dans une moindre mesure, des poilus durant la première guerre mondiale. Ils ont souffert en 100 ans, mais ils sont là, parfaitement lisibles, aujourd'hui scanné et donc à l'abri de la pourriture éventuelle qui pourrait s'étendre. Mais est-ce une sauvegarde certaine? Nous qui n'écrivons plus sur papier, mais uniquement des emails et des sms que nous nous empressons de glisser dans la corbeille une fois lu, qui pourra retracer nos vies dans un siècle?
Je n'aime pas la poste, surtout à son prix actuel (le XXeme siècle avait du bon!), mais ça avait tellement de charme, la correspondance papier...
https://drive.google.com/file/d/0Bz2XMzeIlUtXblE0dGowOUF6SFk/view?usp=sharing
C'est pas grand chose, un siècle! Quand j'étais petite, ça me semblait super loin, mais aujourd'hui que j'ai 37 ans, en fait, 100 ans, c'est vraiment pas grand chose!!! Trois fois ma petite vie, rien de plus...
J'ai retrouvé des lettres et des documents appartenant à la famille van Steenberghe dans la première moitié du XXème siècle. Ca me semble si proche...
Et pourtant, c'est totalement un autre monde, et pas seulement à cause de la guerre: pas d'avion (pas pour monsieur tout le monde en tout cas), pas de voiture rapide, pas de téléphone, pas d'ordinateur... En lisant ces lettres, je me suis rendue compte que rien de ce que je touche, rien de ce que je vois, rien de ce que j'entends, n'existait à l'époque où elles ont été écrites! Les chanteurs que j'ai écouté en les lisant n'étaient pas nés, la moitié des livres que j'ai lu n'avaient pas encore été publiés, pas de gsm, des moyens de communication dérisoire (deux mois pour recevoir une lettre!)... Ca donne une autre dimension à l'expression "partir au bout du monde"!
Aujourd'hui, rien de plus facile que de communiquer, où qu'on soit, pourvu qu'on dispose des bons instruments.
Mais que restera-t-il de nos divagations sur toile??? J'ai sauvé ces papiers du recyclage, in extremis, car ils sont une preuve exceptionnelle à mes yeux de ce qu'était la vie des colons et, dans une moindre mesure, des poilus durant la première guerre mondiale. Ils ont souffert en 100 ans, mais ils sont là, parfaitement lisibles, aujourd'hui scanné et donc à l'abri de la pourriture éventuelle qui pourrait s'étendre. Mais est-ce une sauvegarde certaine? Nous qui n'écrivons plus sur papier, mais uniquement des emails et des sms que nous nous empressons de glisser dans la corbeille une fois lu, qui pourra retracer nos vies dans un siècle?
Je n'aime pas la poste, surtout à son prix actuel (le XXeme siècle avait du bon!), mais ça avait tellement de charme, la correspondance papier...
https://drive.google.com/file/d/0Bz2XMzeIlUtXblE0dGowOUF6SFk/view?usp=sharing
vendredi 5 juin 2015
Un peu de changement...
Même si en soi, tout le monde s'en fout, puisque personne ne sait que ce blog existe...
Je ne peux pas ne parler que du magasin. Hors contexte, la plupart des anecdotes ne sont pas drôles, ou peut-être que c'est moi qui suis trop nulle pour raconter, mais il faudrait que je raconte en détail chacun de mes collègues pour pouvoir tout bien expliquer, et je n'ai pas le droit d'étaler leur vie sur le net sans leur consentement.. Et demander leur consentement signifierait leur avouer l'existence de ce blog, et je n'ai pas forcément envie que ce soit le cas... On ne sait jamais si je m'énerve sur l'un d'eux un jour! :-P
Bref, comme on ne parle bien que de ce qu'on connaît, je parlerai de moi, na! Puis faut dire que je m'aime beaucoup, alors j'aime bien parler de moi! Et au diable la fausse modestie!!!
Ca tombe bien: j'avais besoin d'évacuer, ce soir!
Un cancer m'a prit ma mère il y a quatre ans, un autre a été diagnostiqué chez mon père cette semaine. Cool, génial, je suis ravie... :-(
Mon père, lui, l'est, ravi! Comme s'il avait attendu ça toute sa vie, comme si c'était un honneur pour lui de mourir de la même maladie que ma mère... Il va enfin pouvoir endurer ce qu'elle a enduré, c'est son chemin de croix à lui.
Je me rappelle très bien de plusieurs conversations que nous avons eu, quand j'avais moins de dix ans. Il me disait qu'il ne voulait pas vivre au-delà de quarante ans, qu'une fois cette étape franchie, on n'était plus bon à rien, qu'on était juste un boulet pour les autres, et que mon frère et moi n'avions pas à nous inquiéter, qu'il se suiciderait avant! Et puis, à quarante ans, il s'est trouvé une poulette de vingt ans sa cadette, ça lui a redonné une raison de vivre pour quelques années... Il est ensuite revenu chez ma mère, la queue entre les jambes, juste à temps pour apprendre qu'elle était malade et pour s'occuper d'elle. Depuis son décès, il n'attend qu'une chose: mourir à son tour! Il me l'a dit, l'année passée! Il m'a dit qu'il aurait préféré que mes fils et moi ne soyons pas là, car c'est à cause de nous qu'il est obligé de vivre.
Son vœu est exaucé: il ne vivra pas vieux... Aujourd'hui, il voit le monde sous un jour nouveau: il peut picoler autant qu'il veut (ça ne le tuera pas aussi vite que le cancer), manger ce qu'il veut (là encore, le cancer sera le plus rapide), et il aura même bientôt des drogues à sa disposition (s'il avait pu se faire inoculer un cancer,il l'aurait fait il y a des années vu toutes ces bonnes nouvelles!).
Et, mon frère et moi, nous ne sommes ni surpris, ni déçus, un peu triste peut-être mais même pas excessivement... Notre père est mort il y a quatre ans, sa vie s'est arrêtée le jour où ma mère a cessé de respirer, ce qu'il reste de lui n'est que l'ombre de ce qu'il était. C'est son tour à présent. Il n'a jamais aimé vivre, j'espère qu'il appréciera plus la mort...
Je ne peux pas ne parler que du magasin. Hors contexte, la plupart des anecdotes ne sont pas drôles, ou peut-être que c'est moi qui suis trop nulle pour raconter, mais il faudrait que je raconte en détail chacun de mes collègues pour pouvoir tout bien expliquer, et je n'ai pas le droit d'étaler leur vie sur le net sans leur consentement.. Et demander leur consentement signifierait leur avouer l'existence de ce blog, et je n'ai pas forcément envie que ce soit le cas... On ne sait jamais si je m'énerve sur l'un d'eux un jour! :-P
Bref, comme on ne parle bien que de ce qu'on connaît, je parlerai de moi, na! Puis faut dire que je m'aime beaucoup, alors j'aime bien parler de moi! Et au diable la fausse modestie!!!
Ca tombe bien: j'avais besoin d'évacuer, ce soir!
Un cancer m'a prit ma mère il y a quatre ans, un autre a été diagnostiqué chez mon père cette semaine. Cool, génial, je suis ravie... :-(
Mon père, lui, l'est, ravi! Comme s'il avait attendu ça toute sa vie, comme si c'était un honneur pour lui de mourir de la même maladie que ma mère... Il va enfin pouvoir endurer ce qu'elle a enduré, c'est son chemin de croix à lui.
Je me rappelle très bien de plusieurs conversations que nous avons eu, quand j'avais moins de dix ans. Il me disait qu'il ne voulait pas vivre au-delà de quarante ans, qu'une fois cette étape franchie, on n'était plus bon à rien, qu'on était juste un boulet pour les autres, et que mon frère et moi n'avions pas à nous inquiéter, qu'il se suiciderait avant! Et puis, à quarante ans, il s'est trouvé une poulette de vingt ans sa cadette, ça lui a redonné une raison de vivre pour quelques années... Il est ensuite revenu chez ma mère, la queue entre les jambes, juste à temps pour apprendre qu'elle était malade et pour s'occuper d'elle. Depuis son décès, il n'attend qu'une chose: mourir à son tour! Il me l'a dit, l'année passée! Il m'a dit qu'il aurait préféré que mes fils et moi ne soyons pas là, car c'est à cause de nous qu'il est obligé de vivre.
Son vœu est exaucé: il ne vivra pas vieux... Aujourd'hui, il voit le monde sous un jour nouveau: il peut picoler autant qu'il veut (ça ne le tuera pas aussi vite que le cancer), manger ce qu'il veut (là encore, le cancer sera le plus rapide), et il aura même bientôt des drogues à sa disposition (s'il avait pu se faire inoculer un cancer,il l'aurait fait il y a des années vu toutes ces bonnes nouvelles!).
Et, mon frère et moi, nous ne sommes ni surpris, ni déçus, un peu triste peut-être mais même pas excessivement... Notre père est mort il y a quatre ans, sa vie s'est arrêtée le jour où ma mère a cessé de respirer, ce qu'il reste de lui n'est que l'ombre de ce qu'il était. C'est son tour à présent. Il n'a jamais aimé vivre, j'espère qu'il appréciera plus la mort...
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